Réussir le concours commun des 7 IEP

Prépa Sciences Po

Bonjour. Aujourd'hui, je vais vous parler du concours commun d'entrée au IEP d'Aix, Lille, Lyon, Rennes, Saint-Germain, Strasbourg et Toulouse. Ce concours commun est proposé aux élèves de Terminale et première année d'enseignement supérieur. Donc c'est un concours commun que vous pouvez passer à deux reprises, et si vous l'avez raté ou si vous ne l'avez pas présenté lorsque vous étiez en Terminale vous pouvez le présenter à l'issue d'une première année dans l'enseignement supérieur. Pour évoquer ce concours commun, je vais d'abord parler des épreuves, puis je vais vous donner quelques conseils pour envisager ce concours.

Pour ce qui est des épreuves, vous voyez ici le programme. Les questions contemporaines sont des thèmes de culture générale, soit deux thèmes. Pour le programme 2017 c'est la sécurité et/ou la mémoire. Le « et/ou » est assez important dans la mesure où jusqu'à présent il y avait un choix entre deux sujets qui portaient chacun sur un thème, mais le « et » peut supposer qu'il peut y avoir un sujet transversal aux deux thèmes. Cette épreuve de question contemporaine dure 3 heures et est de coefficient 3. Ensuite vous avez une épreuve d'histoire. Elle repose sur un programme très général, mais on fera une vidéo détaillée pour vous présenter cette épreuve. Mais ce programme est : le monde, l'Europe, la France depuis 1945. Cette épreuve dure 3 heures et est également en coefficient 3. Enfin, vous avez une épreuve de langue qui dure 1h30 et qui est coefficient 2. Vous avez quatre langues possibles : l'anglais, l'allemand, l'italien et l'espagnol.

Pour ce qui est de l'admission générale, sachez qu'il y a à peu près 1000 places pour ce concours, ce qui représente entre 8 et 13 % des inscrits. Il y a en gros 10 000 inscrits qui passent cette épreuve. Le choix entre les différents IEP se fait en fonction des résultats aux épreuves écrites, sachant qu'il n'y a que des épreuves écrites. Il n'y a pas d'oral par la suite. En fonction de votre classement, si vous êtes premier vous aurez le choix, forcément, entre les sept IEP, et ainsi de suite, et le choix se restreint à la dernière place qui reste. Petite particularité également : vous avez la possibilité pour certains IEP, pas tous, d'avoir une amission directe avec mention Très Bien, uniquement pour ceux qui ont passé le concours. Donc il faut être inscrit au concours, l'avoir raté et ensuite, une fois qu'on a une mention « Très Bien », on présente un dossier spécifique dans certains IEP qui en général vont l'évaluer sur sa qualité académique, c'est à dire sur les notes obtenues au lycée, éventuellement en première année, et sur les résultats, commentaires, etc... Donc c'est une admission spécifique mais il faut quand même le signaler car cela permet à un nombre non négligeable d'étudiants de rattraper par cette procédure alors même qu'ils ont raté le concours.

Voilà sur la définition générale des épreuves.

Maintenant ce qui est plus important, plus essentiel, ce sont les conseils que je peux vous donner.

Première chose, c'est une épreuve d'endurance. Pourquoi ? Parce que ces trois épreuves là, vous les passez en une seule journée. Vous passez le matin de 8h30 à 11h30 les questions contemporaines, ensuite l'histoire à partir de 13h30 et enfin la langue immédiatement après l'histoire.

C'est quelque chose d'inédit, surtout pour un élève de Terminale de composer quatre heures d'affilée, rarement une épreuve l'après-midi, en général non. Donc il n'a jamais eu l'habitude de se concentrer 7h30 d'affilée. Autant dire que c'est une véritable épreuve d'endurance physique et psychologique. Cette épreuve, on va vous la présenter avec un travail au long cours en expliquant comment s'y préparer dans l'année, on fera une vidéo spécifique sur ça. Mais j'insiste vraiment sur l'idée que ça se passe en une journée parce que déjà, en temps normal dans un concours on estime qu'un concourant perd 50% de ses moyens. Donc imaginez, sur 7h30 d'épreuve, vous perdez la quasi-totalité de vos moyens, par exemple à l'épreuve de langue qui est la dernière des trois épreuves. Ça signifie que quelqu'un qui envisage de passer le concours doit impérativement dans l'année se préparer plusieurs fois sur des épreuves aussi longues et doit une semaine avant le concours tout arrêter et essayer d'être totalement disponible pour ce concours. C'est une véritable épreuve d'endurance, qui sélectionne ceux qui seront capables de garder leur concentration sur une journée entière. Les études montrent que notre capacité de concentration, quel que soit l'âge, n'excède jamais 2h-2h30. Donc autant dire que sur une épreuve de 3 heures, la dernière demi-heure vous êtes juste capables de ne pas faire de fautes d'orthographe. Il faut faire vraiment attention à cette épreuve d'endurance.

Deuxième particularité de ce concours : il a un jury assez divers. Celui pour la question contemporaine réunit des philosophes, des historiens, des sociologues, des politologues ou des politistes, c'est à dire des personnes qui viennent de disciplines très différentes. Les critères d'évaluation ne sont pas d'abord des critères disciplinaires, mais un peu transversaux, qui servent à tester les capacités pour le candidat de comprendre pourquoi les savoirs qu'il a acquis, qui sont des savoirs assez théoriques et académiques, s'appliquent à des questions d'actualité. On le voit également dans le programme d'histoire, qui est un programme très contemporain traitant du temps présent, depuis 1945. Encore une fois, on fera des vidéos spécifiques pour chacune des matières mais il faut avoir conscience que le jury est très divers, exige de vous une bonne connaissance théorique mais également une capacité d'appliquer ces connaissances à des sujets contemporains, à des problématiques sociales, politiques et probablement éthiques. Ce n'est pas pour rien que l'année prochaine, par exemple, le thème retenu c'est la sécurité. On voit bien que les enjeux de sécurité et d'insécurité dans notre monde sont très présents du fait du terrorisme, de la dégradation écologique, etc... Donc le jury sera très sensible à la capacité qu'ont les candidats à s'intéresser ou à mobiliser les savoirs pour la question contemporaine.

Enfin, dernier point : les critères. Les critères d'évaluation, que vous retrouvez en filigrane des différents rapports de jury qui sont disponibles sur le site des concours communs, insistent sur la clarté. Beaucoup de copies ne sont pas au niveau dans la structuration de la pensée, dans la capacité à énoncer une pensée clairement et à être précis, du point de vue de la forme et du fond. Donc le critère fondamental est la capacité à bien s'exprimer. Au-delà de ça, il y a des critères de méthode. On n’improvise pas une dissertation de question contemporaine ou de culture générale. Il faut avoir une très bonne méthode, et ce n'est pas le lycée qui forme à ça, ce n'est pas non plus - sauf exceptions de certaines classes préparatoires – la première année qui forme aux questionnements de question contemporaine. Donc il faut avoir une très bonne méthode pour pouvoir mobiliser ses savoirs, aussi bien en question contemporaine, qu'en histoire, qu'en langue (et d'un point très technique pour celle-ci). Donc une bonne capacité à s'exprimer, une bonne méthode, et puis un critère normal : de très bonnes connaissances, très précises et transversales, c'est à dire transdisciplinaires, notamment en question contemporaine. C'est la raison pour laquelle nous ferons ici des cours qui ne sont pas seulement des cours d'un seul prof mais de plusieurs prof, qui mobilisent des savoirs historiques, philosophiques, littéraires, donc des cours transversaux qui montrent de quelle manière un savoir académique solide peut être utilisé en direction d'une question assez contemporaine.

Le bilan de tout ça c'est que le concours commun d'entrée en première année de ces différents IEP est quelque chose d'assez compétitif et sélectif. Ça n'est pas comme le concours de Paris où vous devez approfondir un savoir qui est celui du lycée mais c'est véritablement un programme spécifique. Ce n'est pas pour rien si c'est proposé également à l'issue de la première année. Ça veut dire qu'on attend des candidats qu'ils soient bons sur un programme sur lesquels on ne les attend pas. C'est donc un jeu de balance par rapport à l'IEP de Paris, où on attend des élèves excellents dans les domaines académiques du lycée, et l'idée c'est que l'IEP des concours communs est vraiment préparé à ces épreuves spécifiques. C'est la raison pour laquelle, à mon sens, je l'aborderai dans une vidéo spécifique, il faut réfléchir si on passe les deux concours, à la manière d'organiser son travail, lorsqu'on choisit de courir deux lièvres à la fois.